Présentation des personnages de la famille Efhul

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De renommée internationale (circoncise au secteur du Labo de Développement Appliqué de Rata Sum pour l'instant), nous ne présentons plus la famille Efhul. Quoique, il ne ferait peut être pas de mal d'avoir une petite mise en lumière des personnages hauts en couleurs qui la composent ! Je laisse donc la place aux faits.

Chapitre I : Origins (oui, je la fais à l'envers des super-productions des Ricains, je lâche l'épisode Origins avant les autres, je suis comme ça moi, c'est mon côté anar qui ressort)

A tout seigneur tout honneur, nous commencerons donc par le doyen, j'ai nommé (mais est-il encore besoin de le préciser ?) Korio Efhul, surnommé affectueusement « Papy » (affectueusement sinon il se vexe (la preuve en est qu'il ne se sépare jamais de son masque souriant, masque servant surtout à tromper sur son age)). Né en 1261 Ap. E., Korio n'est pas seulement connu pour être le grand-père de Pamata, Sykoras et Batior, il fut aussi dans sa prime jeunesse le premier à passer niveau 1 dans son village en tuant un lapin et une grenouille en un seul coup. Mais la vie d'aventurier, bien que bigrement tentante, ne pu le détourner de sa voie tracée vers la carrière d'homme d'état, poussé en ce sens par la conseillère Canni qui fut son mentor.

Ainsi s'écoulèrent donc des jours paisibles où Korio devint premier conseiller aux affaires techniques et hygiènico-salutaires. Ce fut d'ailleurs au cours de cette période qu'il rencontra Sibona au cours d'un gala des anciens de l'Université de la Statique. L'Alchimie Éternelle joua son rôle à merveille et rapidement, ils en virent à l'union maritale (cette extrémité ayant été atteinte au cours de l'année 1282). Ils formèrent un duo merveilleux, bientôt rejoint par un troisième convive en 1283, le petit Tabron (futur père de la fratrie composant la génération suivante). Ce dernier grandit et devint un ingénieur de renom spécialisé dans la dématérialisation et recombinaison pré et post-téléportationelle. Il épousa Kamimi (son assistante de laboratoire) en 1304. En 1305 naquirent Sykoras et Batior, suivis l'année d'après par Pamata.

Puis ce fut la tragique année 1311, l'année de l'incident n°X-00045/A … Ayant conscience de la fragilité de mon lectorat, je reviendrais sur cette malheureuse histoire ultérieurement, après une préparation psychologique un tantinet plus soignée. Après l'incident Korio devint la cible de ses ennemis politiques (surtout des roublards de l'Université de la Synergie) et se retira de la scène, dégoutté au point d'abandonner son titre pour afficher son nom de famille, se classant de lui-même parmi les excentriques de la société. Il eut dès lors tout le loisir de se consacrer à l'éducation de ses petits enfants, étant de toute façon leur dernier parent sur ce plan de l'univers.

C'est à cette époque qu'il reprit sa formation d’envoûteur car les clones étaient fort commodes pour garder un œil sur les trois frères et sœur courant et gesticulant de partout. Mais, ses disputes fréquentes avec Sykoras poussèrent ce dernier à quitter le cocon familial et intégrer l'Université de la Dynamique dès qu'il eut atteint l'age requis. Korio ne pouvait en effet s'empêcher de lui imputer la faute de l'incident de 1311 et ne se privait guère de lui faire ressentir à longueur de temps. Il veilla donc sur Pamata et Batior et celle-ci montra des dispositions particulières avec les éléments, ce qui la poussa naturellement vers la profession d'élémentaliste où elle bâti sa légende.

Sykoras lui aussi devint célèbre et retrouva sa sœur au cours des campagnes contre Zaïtan, à l'état major aux côtés de Trahaern. Ne pouvant supporter de rester ainsi dans l'ombre de son petit-fils, Korio repris donc sa carrière d'aventurier laissée, il faut l'avouer, au point de départ. Frôlant la schizophrénie à force d'abuser des clones, Papy multiplia les efforts pour lui aussi atteindre le statut de héros.

Efforts qui furent finalement récompensés, mais la reconnaissance lui manquant toujours, il n'eut de cesse de parcourir la Tyrie, défendant s'il le fallait la veuve contre l'orphelin, pour que son nom soit enfin devant celui de Sykoras. Mais il advint que lassé d'être en perpétuelle compétition, il revint vers son petit-fils et tous deux firent finalement la paix,  permettant enfin la réunion de la famille Efhul. Depuis lors, ils œuvrent communément pour résoudre le problème survenu 16 ans plus tôt et retrouver enfin leurs parents disparus ...
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Chapitre II : 1311 Ap. E. (Feat. l'Incident n°X-00045/A)

C'est en 1285 Ap. E. que naquit donc Tabron, fils unique du Premier Conseiller Korio et de la Responsable Sibona. Un enfant sérieux et extrêmement curieux de tout, Tabron savait lire, écrire et compter dès l'age de 2 ans (soit deux ans avant la majorité des Asuras tout de même). Un jour de 1293, Korio revint de la Chambre du Conseil avec un livre que lui avait donné un ingénieur illuminé, lui certifiant que dedans se trouvait la preuve d'un dysfonctionnement majeur du processus lors de l'utilisation des portails : ils consommaient de la magie et plus précisément celle du voyageur. Peu intéressé par les questions techniques qui n'étaient pas de son domaine d'action, Korio avait promis de donner cela à des analystes compétents en la matière. Tout en racontant sa journée et sa rencontre avec le-dit ingénieur, Korio déposa le livre sur la table basse du salon. Il ne vit pas Tabron s'en emparer vivement et commencer à le parcourir avec le plus grand intérêt. Le temps que la conversation s’achève, il avait déjà tracé plusieurs schémas dont un qu'il tendit à son père en lui disant : « Il a raison Père !! Regarde, si tu prends les chiffres de l'hyperbole corrélationnelle ... ». Korio le regarda effaré … Un technicien ! Lui qui voyait déjà son fils reprendre le flambeau familial et faire carrière dans la politique aussi ... Il se démarqua aussi de ses parents en montrant également une certaine affinité avec les thèmes éthèro-mécaniques et la physique arcanique.

Quelques années plus tard, diplôme de l'Université Dynamique et prix Snaff en poche, Tabron devint responsable de son propre laboratoire de recherche au sein du Labo de Développement Appliqué, son unité devenant naturellement l'équipe en charge des problèmes et améliorations concernant les portails. Désireux de vouloir toujours améliorer les processus, Tabron fit rentrer dans son équipe Kamimi, scientifique aventureuse qui l'avait abordé avec une question qui maintenant l'obsédait : y avait il d'autres plans dans l'Univers ? Est-ce un Multivers ? Ensemble, ils consacrèrent tout leur temps disponible à étudier cette question. Petit à petit, des liens plus forts se tissèrent entre eux sans même qu'ils ne s'en rendissent compte et c'est presque naturellement qu'ils finirent par s'épouser, comme ils avaient épousé leur recherche à bras le corps. Pour Kamimi, il fallu bientôt jongler entre la vie de mère et celle de chercheuse. Tabron, ne souhaitant pas la laisser à l'écart, lui proposa d'emménager à côté du laboratoire, offre qu'elle ne su (bien sûr) refuser.

Rapidement le laboratoire devint la maison et vice versa. Et c'est dans cette ambiance que grandirent Pamata, Sykoras et Batior, au milieu d'un fatras de notes, pièces de servomoteurs ou de cristaux séquenceurs. Cette atmosphère particulière eu un effet marqué de deux manières radicalement distinctes : autant Pamata et Batior devinrent totalement hermétiques aux questions techniques, autant Sykoras y montra un intérêt et bientôt une certaine aisance. Du coup, il traînait souvent dans les pattes de son père qui ravi de voir son aîné se passionner pour les même questions que lui, s'empressait de répondre à toutes ses interrogations.

En 1311, l'équipe de Tabron réalisa une percée majeure en envoyant un golem sur un autre plan de l'univers et en le faisant revenir. Envoyer un être vivant était l'étape suivante, mais pour envoyer ne serait-ce qu'un lapin, il fallait une énergie 57 fois plus forte que pour n'importe quel objet ou golem. Énergie qui ne pouvait être disponible faute de cristaux matriciels suffisamment puissants. Alors qu'ils débattaient sur la question d'augmenter la capacité de la chambre de charge (au risque de déstabiliser le système), se présenta comme par magie un agent de l'Enquestre, proposant un échange aussi simple que louche (comme le sont souvent les offres de ces fourbes) : une copie de l'ensemble des notes de recherche sur le Multivers et les moyens d'y voyager contre les nouveaux cristaux développés par l'Enquestre (cristaux pouvant produire plus 72 fois la puissance d'un cristal classique). Après une longue réflexion, Kamimi et Tabron tombèrent d'accord sur le fait que l'Enquestre ne devait jamais mettre la main sur leurs recherches et lors du retour de l'agent, lui signalèrent leur refus. Furieux celui-ci parti en leur disant que s'ils changeaient d'avis, les cristaux étaient stockés dans un entrepôt des Terres Sauvages de Brisban et l'offre serait toujours valable.

Cet agent était bien trop peu discret, ils décidèrent donc d'exploiter l'information bêtement lâchée par lui en ce moment de rage : ils allaient voler des cristaux à l'Enquestre dans leur entrepôt ! Seulement, pour ce faire, il y avait un petit hic (petit mais cependant non négligeable) : aucun d'entre eux n'étaient des hommes (pardon des Asuras) d'action … Tabron demanda donc de l'aide à son père en lui expliquant toute l'histoire et l'intérêt pour la famille en termes de prestige. Bien que peu enthousiasmé au départ, Korio compris rapidement tout le bénéfice que pourrait effectivement en tirer la famille et notamment pour lui au vu des élections prochaines. Il recommanda donc une action de réquisition des cristaux par la milice de l’Oeil des Arcanes contre l'avis de celui-ci estimant que le jeu en valait la diode luminescente.

La réquisition se fit et l'Enquestre déposa une plainte devant le Conseil en fustigeant l'attitude de Korio. Les cristaux furent livrés par Sibona au laboratoire de Tabron et celui-ci s'empressa de les installer dans la chambre de charge, sachant toucher au but. Il devait faire un dernier essai maintenant qu'il avait l'énergie nécessaire, mais les calculs semblaient correspondre. Kamimi déposa Sykoras, qu'elle tenait dans ses bras, sur le siège du pupitre de commande du portail et rejoignit Tabron et Sibona près de l'arche bourdonnante. Tous les assistants se rassemblèrent autour d'eux, chacun ayant une dernière fois vérifié et revérifié trois fois chaque détail qui lui était attribué. Tabron utilisa l'interphone pour que son fils, resté derrière la verrière de la salle de commande, puisse l'entendre.

« Sykoras mon garçon, à toi l'honneur de mettre en marche. Tourne la clef rouge du panneau comme tu m'as vu le faire. »

Et Sykoras, un sourire d'enfant ravi aux lèvres tourna donc la clef ainsi que son idole de père le lui avait demandé. Il y eu d'abord comme un bourdonnement qui monta progressivement dans les aigus. Puis une lueur violette émergea de l'Arche du portail, se faisant de plus en plus intense, au point que Sykoras dû fermer les yeux. Il entendit dans l'interphone son père hurler :

« Coupe tout !!! L'Enquestre nous a piégé !!! Ces cristaux sont contrefaits ... »

Mais une violente déflagration secoua le laboratoire avant même que Sykoras n'eut le temps d'armer son geste. Puis ce fut le silence, un silence assourdissant après cette orgie de décibels. Il ouvrit les yeux lentement lorsqu'il en trouva enfin le courage, pour voir un cratère béant de l'autre côté de la baie vitrée. Sa mère, son père, sa grand-mère, les assistants et tout le laboratoire avaient disparus … C'est ainsi que le trouva Korio, fixant de ses yeux vides la vitre fendue, la main au dessus de la clef de démarrage.

Korio, qui devait justifier son action auprès de ses pairs, était accompagné d'un émissaire du Conseil des Arcanes ainsi que d'un collège de savants de toutes les Coteries invités à assister au premier voyage en dehors de notre plan par un Asura. Autant dire que la vue d'un cratère avec un enfant lobotomisé le contemplant ne convint guère aux esprits critiques de cette charmante assemblée. Ils partirent donc furieux, non sans avoir raillé Korio et sa famille d'incapables.

Et c'est ainsi qu'il abandonna la politique pour se consacrer à l'éducation de ses petits-enfants. L'enquête sur l'incident (qui fut répertorié sous la dénomination  n°X-00045/A), conclut à une utilisation erronée de la console de commande, probablement due à la présence d'un manipulateur mineur et non-qualifié derrière celle-ci. L'Enquestre ne fut jamais inquiété et Sykoras fut considéré comme l'unique responsable, surtout aux yeux de Korio ...
#20
Chapitre III : Sykoras, l'ingénieur ingénieux

Nous voici donc arrivé à la dernière génération de la famille Efhul et une fois n'est pas coutume, je commencerai par l’aîné. Encore que, ceci reste un tantinet arbitraire vu qu'il ne peut (biologiquement et morphologiquement parlant (même pour des Asuras)) y avoir d’ex-æquo lors de la naissance de jumeaux. Sykoras fut donc le premier à délivrer sa mère de ses souffrances et devint  par ce fait l'aîné de la fratrie.

Les deux frères, bientôt rejoints par Pamata, étaient radicalement opposés quant à leur façon de découvrir et appréhender le monde. Sykoras était un monstre de curiosité et devait toucher à tout, regarder tout ce qui se passait autour de lui, suivait son père partout et restait à le contempler pendant qu'il travaillait sur ses schémas techniques ou l'assemblage de composants. Amusé, celui-ci le prit un jour sur ses genoux et lui expliqua ce qu'il faisait, pensant le rebuter par les explications techniques qu'il lui donnait. Il avait du travail et ne pouvait se laisser distraire.

Effectivement, il ne revint pas dans l'atelier les jours qui suivirent. Quelques temps plus tard, alors que Korio et Sibona passaient leur rendre visite, Sykoras tendit tout fier un cadeau pour son grand-père, un présent qu'il avait fabriqué pour lui. C'était un disperseur atmosphérique motorisé (que les Charrs nomment bêtement ventilateur) en modèle portatif et alimenté par un petit cristal inertiel déphasé. A 4ans … Korio le regarda effaré comme il avait pu regarder son fils quelques années auparavant de la même manière. Encore un ingénieur ! Qu'avait-il fait pour que l'Alchimie Éternelle s'acharne à lui donner une descendance de techniciens ?

Cet épisode valu le droit à Sykoras d'avoir sa propre chaise (certes surélevée vu son age) dans l'atelier aux côtés de son père, maintenant si fier de son petit. Il se révéla doué avec les bases de mathématique, puis de physique éthérée et de mécanique alchimique. A telle enseigne que Tabron ne prit plus d'apprenti quand Sykoras eut 5 ans, considérant que la place était prise par celui-ci. Il lui confia le soin du tracé des schémas techniques, représentés en tableaux dans ses calculs, ou l'assemblage des composants de son projet.

En 1311, Sykoras connaissait toutes les manipulations de la console de commande du portail expérimental sur le bout des doigts, ainsi que bon nombre des circuits composants le système et c'est donc confiant (mais non sans une pointe d'excitation comme peuvent en avoir nos chers petits lorsque leur faible montant de patience juvénile est enfin récompensé) qu'il tourna la clef, ainsi que Tabron le lui demandait. Il ne prit pas conscience immédiatement que quelques chose ne tournait pas rond. Son père l'avait mis en garde contre d'éventuelles surchauffes dues à un possible surplus d'énergie des nouveaux cristaux. Il avait donc la main au dessus du circuit de bascule d'énergie, mais son père ne lui faisait aucun signe pour cela. Il ne s’inquiéta donc pas lorsque le bruit devint assourdissant et la lumière progressivement aveuglante, se répétant que son père contrôlait la situation. Il se répéta cela en fermant les yeux car même en teintant la baie qui séparait la console de reste du labo, la lumière était trop forte.

Puis ce fut la voix affolée de son père lui hurlant de tout couper et sa bulle de sérénité éclata. Il n'osait plus ouvrir les yeux et son bras semblait devenir de plomb. La déflagration ne le sorti pas de sa torpeur. Lentement, mécaniquement, ses paupières s'ouvrirent sur le spectacle affolant d'un grand … rien. Il ne restait que la baie vitrée. Tout ce qui se trouvait au delà avait tout simplement disparu. Le sol, les murs, le plafond et tout ce qui se trouvait confiné dedans (ses parents inclus)  n'étaient plus là. Pas une cendre, pas le moindre filet de fumée, juste un cratère d'une base parfaitement sphérique qui indiquait là où ils se tenaient.  

Combien de temps resta-t-il ainsi déconnecté ? Il ne put le dire lorsque Korio le sorti enfin de sa torpeur en le secouant vigoureusement par les épaules. Il ne put d'ailleurs dire un mot pendant plusieurs mois, traumatisé par son expérience.

Lorsqu'il commença à reprendre conscience de ce qui se passait autour de lui, Sykoras compris que l'enfer ne faisait que commencer. Korio était furieux, estimant que son fils avait confié cette tâche trop importante à ce gamin. Et Sykoras en était responsable d'une certaine manière aussi de par sa curiosité qui avait tout déclenché. Il avait dû démissionner de son poste de Premier Conseiller avant que le déshonneur de cet incident ne jaillisse au grand jour et avait repris, en bon paria, son nom de famille en lieu et place du titre. Il passa donc ses aigreurs en blâmant Sykoras à longueur de journée pour tout cela.

Cet état de fait ne pouvait perdurer et en 1314 Sykoras, qui venait de subir une nouvelle palanquée de reproches, se tint droit devant son grand-père et lui répliqua :

« Et si on allait rechercher papa, maman et mamie ? Tu m'en voudrais toujours après ?
- Euh … Oui. Dans une moindre mesure obligatoirement, mais oui je t'en voudrais toujours !
- Mais pourquoi on ne va pas les chercher ?
- Comment veux tu t'y prendre toi qui est si malin ?
- En refaisant la machine bien sûr !
- La machine bien sûr ! Bougre d’âne, je te rappelle que par ta faute, il ne reste plus rien de la machine, ni même des plans !
- Mais je les connais moi !
- Tu as fait assez de mal comme ça ! Vu tes performances exceptionnelles, je te vois bien faire disparaître Rata Sum en entier cette fois-ci ...
- Mais papa a dit que l'Enquestre …
- Ah ! Ça suffit avec cette fable de l'Enquestre hein !»

Sykoras ne dit plus rien mais en son cœur s'était scellé une promesse : il allait reconstruire un jour la machine et retrouverait ses parents. Il prouverait à son grand-père que ce n'était pas sa faute. Mais pour cela, il devait partir. Il avait maintenant l'age légal de devenir élève d'une coterie, sa place n'était plus ici s'il voulait atteindre son but. Il fit donc ses adieux à sa petite sœur et son frère au milieu de la nuit, avant de disparaître en leur promettant de réunir un jour la famille. Il ne prit pas cette peine pour son grand-père, connaissant sa réaction par avance.

Dans l'atmosphère différente de sa coterie d'adoption, Sykoras trouva l'environnement nécessaire à son développement intellectuel et monta les échelons rapidement, jusqu'à se hisser au rang de premier assistant. Ses maîtres étaient stupéfaits par ses progrès et son aisance à manipuler les théories les plus complexes en ingénierie appliquée.

Après avoir remporté le prix Snaff, Zojja commença elle aussi à remarquer ce petit prodige et lui confia des missions dont il s’acquitta  avec brio. Puis vint le temps de rejoindre le Prieuré de Durman où là aussi son intellect et sa promptitude dans l'action furent très appréciés. Le Prieuré regorgeait de tomes et volumes de littérature scientifique, ce qui permit à Sykoras de se faire une idée un peu plus précise sur le fonctionnement théorique des plans de l'univers. Ce fut également pendant cette période qu'il reprit le tracé des schémas techniques que sa mémoire avait conservés toutes ces années.

Après le Prieuré, vint le temps du Pacte où il retrouva avec plaisir sa petite sœur Pamata, qui siégeait déjà aux côtés de Trahaern. Avec tous les héros de la Tyrie, ils purent vaincre enfin Zaïtan, mettant un terme à la sinistre activité du dragon ancestral. Ce fut peu de temps plus tard qu'il vit venir à lui Korio, qui souhaitait rassembler à nouveau la famille. Grand-père et petit-fils, en bons Asuras, s'échangèrent une dernière volée de critiques acerbes l'un envers l'autre avant de laisser s'échapper une petite larme discrète. Puis, la famille Efhul enfin soudée, Sykoras parla de son projet et chacun y donna son soutien, constatant les belles avancées qu'il avait déjà réalisées.
#21
Chapitre IV : Élémentaire, ma chère Pamata !

La famille Efhul n'en finira jamais de m'épater ... Mais je m'égare ! Veuillez pardonner cette transgression de la linéarité de la narration.

Cette réflexion m'est venue spontanément alors que je revoyais dans mon esprit le parcours de la benjamine, je parle de Pamata bien entendu.

Ainsi que son frère ainé Batior, Pamata ne montra pas la même curiosité envers la mécanique que son père, sa mère ou même son frère Sykoras. Elle semblait cependant fascinée par les manifestations de l'énergie, que se soit sous la forme d'électricité ou même de combustion. Phénomène que la famille Efhul n'avait pas encore expérimenté, les affinités de Pamata les déroutèrent.

Autre point préoccupant, elle ne parlait toujours pas à bientôt 2 ans. Désespérés, ses parents ne savaient plus quoi faire. Kamimi la gardait toujours auprès d'elle guettant le moindre signe de communication, mais rien, Pamata semblait dans son monde, jouant avec des poignées de terre de la plante décorative qui ornait la table de la cuisine ou regardant fixement la flamme du chalumeau de laboratoire ... Un jour que toutes les deux se trouvaient dans la cuisine, Kamimi saisi le briquet et l'amadou pour allumer le foyer du fourneau et se pencha en ouvrant la porte de celui-ci. C'est ce moment précis que Pamata choisi pour dire son premier mot : "Feu !" et le foyer s'alluma dans un souffle, brûlant au passage quelques mèches de Kamimi, qui se tenait un peu trop près de la trappe. Elle se retourna vers Pamata qui la voyant le visage couvert de cendres et les cheveux roussis par endroits, éclata de rire et s'écria : "Maman !".

Cette anecdote, outre une séance au laboratoire de cosmetico-plasticilie pour Kamimi, mit fin au drame qui étreignait les cœurs. Pamata serait donc une élémentaliste, le doute n'était plus à l'ordre du jour. Le spécialiste en psycho-réactivisme fut formel, à la lumière de cet évènement, Pamata avait d'abord appris à communiquer avec les éléments, d'où son mutisme prolongé envers les Asuras. Il leur assura que des enfants montrant de telles dispositions aussi tôt étaient de petits prodiges, mais que leur apprentissage de la perception de leur environnement allait se montrer peut-être un peu mouvementé. Il resta cependant très évasif à ce sujet.

Et ainsi s'écoulèrent paisiblement les années dans le foyer (à quelques incidents près bien entendu, l'apprentissage du langage articulé ayant entrainé parfois quelques complications : inondation du foyer, orage sous le toit, lits qui s'enflamment, tremblements de terre et autres joyeusetés ; les vagues assertions du spécialiste devinrent soudainement plus précises) à la sérénité retrouvée jusqu'à la fatidique date de 1311 ...

Lorsque Papy emménagea avec eux, Pamata fut de prime abord ravie. Elle supportait très mal la disparition de ses parents et trouvait rassurant de l'avoir avec elle. De plus, il avait une affection particulière pour elle (Batior avec une pointe de jalousie lui répétait d'ailleurs sans cesse qu'elle était sa chouchoute ; ce à quoi elle répliquait systématiquement en lui tirant la langue et en se calant sur les genoux de son grand-père). Mais il est vrai que Pamata était différente des Efhul et c'est sans doute pour cela que Papy avait, malgré sa rigueur habituelle, du mal à lui refuser quoi que ce fut.

Mais cette sécurité avait un prix. Et ce prix c'était Sykoras qui le payait, continuellement. Pamata savait son frère innocent et supporta de moins en moins les reproches continus qu'encaissait celui-ci. Puisqu'elle était la préféré de son grand-père, elle tenta maintes fois de désamorcer cette situation en le raisonnant, mais rien n'y fit. Même elle ne pouvait le faire fléchir lorsqu'il était lancé ...

Après le départ de Sykoras, la quiétude revint dans la maison. Papy cessa d'afficher sa rancœur et Pamata repris de plus belles ses études afin de pouvoir elle aussi partir et retrouver son frère. Elle aimait aussi Batior, mais l'injustice qu'endura Sykoras la poussait davantage vers lui qui avait besoin de son aide. Papy, très fier de sa petite fille, la conduisit (tel un paon faisant la roue) jusqu'au podium où elle reçu le prix Snaff elle aussi. Mais son torse bombé retomba lorsqu'elle lui annonça son départ.

"Grand-père, Zojja a des projets pour moi. L'aventure m'appelle et puis tu sais que je ne suis pas comme vous. Moi, les machines ou les Asuras ce n'est pas ma passion. J'ai besoin de sentir le souffle du vent dans mes cheveux, la terre tendre ou le roc solide sous mes pieds, le feu qui court libre de tout foyer, la force du torrent qui coule. Veille sur Batior et même si tu as doutes à propos de Sykoras, pense que les apparences sont peut être contre lui, car je sais au fond de moi que ce qu'il dit est la vérité."

Et elle s'en alla vivre de palpitantes aventures où son air terre à terre lui permit de briser la glace et faire courir le feu dans les veines de ses partenaires de lutte. Elle mit fin, à l'aide de Sykoras et d'autres aventuriers, au règne malfaisant de Zhaïtan et s'emploie encore aujourd'hui à combattre le mal sous toutes ses formes, dans le collectif des héros de Tyrie. Comme Sykoras (et maintenant son grand-père), elle utilise ses maigres temps libres à trouver le moyen de faire revenir ses parents sur ce plan de l'univers.

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